Allemagne et Italie réclament un mécanisme de coupure au sein de l’UE pour encadrer les stablecoins

Face à l’expansion rapide des stablecoins et à leur rôle croissant dans le paysage financier mondial, l’Allemagne et l’Italie appellent à renforcer les outils réglementaires de l’Union Européenne afin de protéger la stabilité financière et la souveraineté économique du continent.

Allemagne et Italie plaident pour un mécanisme de coupure renforcé dans la régulation des stablecoins

Dans un contexte où les cryptomonnaies stables jouent un rôle clé sur les marchés numériques, les deux grandes économies européennes ont proposé un cadre ambitieux pour encadrer ces actifs. Cette initiative vise notamment à instaurer un mécanisme de coupure qui permettrait à l’Autorité bancaire européenne (ABE) de suspendre l’accès au marché européen à certains stablecoins, notamment ceux émis dans des pays tiers ne respectant pas les normes strictes de l’UE. Avec leurs approches convergentes, l’Allemagne et l’Italie mettent en lumière la nécessité de garantir une régulation financière protectrice face aux risques de contagion et aux vulnérabilités des structures multi-émetteurs.

Une réponse ciblée aux stablecoins multi-émetteurs pour préserver la sécurité financière

Les stablecoins concernés dans cette proposition sont souvent ceux dits multi-émetteurs, où la gestion des réserves est répartie entre plusieurs juridictions. Ce modèle soulève des inquiétudes majeures pour l’UE, notamment lorsque des fonds se retrouvent bloqués hors du territoire européen en cas de crise. Par exemple, une société américaine coémettant un stablecoin avec une entité européenne pourrait voir ses liquidités inaccessibles à temps, ce qui mettrait en péril l’ensemble des détenteurs européens. L’Allemagne et l’Italie souhaitent donc imposer une obligation légale d’instantanéité dans le transfert des réserves afin d’éviter toute pénurie de liquidité locale lors de tensions financières.

Implications géopolitiques et contrôle des acteurs étrangers sur le marché numérique européen

Cette proposition n’est pas uniquement financière. Elle s’inscrit dans un cadre plus large de souveraineté numérique et d’autonomie stratégique de l’UE. En exigeant une reconnaissance formelle de l’équivalence des cadres réglementaires des pays d’origine, les deux pays pourraient en réalité exclure de fait certains grands opérateurs, notamment ceux domiciliés aux États-Unis, où la régulation sur les stablecoins est encore embryonnaire. Cette décision renforcerait le contrôle européen sur ce segment clé et protégerait le marché contre des modèles jugés incompatibles avec les exigences de sécurité financière de l’UE.

Un calendrier contraignant pour répondre aux recommandations du Comité européen du risque systémique

Face à la montée des risques systémiques liés aux stablecoins, le Comité européen du risque systémique (CERS) a fixé un ultimatum : des garde-fous doivent être mis en place avant la fin de 2026, avec des mesures supplémentaires prévues pour 2027. Le document commun de l’Allemagne et de l’Italie insiste sur l’urgence d’intégrer ces recommandations dans les négociations en cours sur le paquet MISP, qui vise à améliorer l’intégration et la supervision des marchés financiers dans l’UE. En soutenant une surveillance plus stricte dès la première émission, ils entendent combler les lacunes existantes et anticiper l’évolution rapide de ces technologies sur le marché mondial.

Pour mieux comprendre les enjeux de cette dynamique réglementaire et l’impact sur le futur euro numérique, il est utile d’explorer les liens entre ces nouvelles règles et l’évolution des marchés de la dette européens.

more insights

Partager

Article similaire