La Commission européenne a fait volte-face en mai 2026 concernant l’interdiction des thérapies de conversion ciblant les personnes LGBTQI+. Malgré une mobilisation citoyenne sans précédent et un soutien marqué de plusieurs figures politiques et culturelles, l’exécutif européen a choisi de ne pas légiférer à l’échelle communautaire, invoquant des contraintes juridiques qui limitent son action directe dans ce domaine.
La Commission européenne face à la controverse des thérapies de conversion LGBTQI+
Les thérapies de conversion, souvent déguisées en actes médicaux ou spirituels, ont longtemps été dénoncées comme des gestes de violence masquée, visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Depuis plusieurs années, ces pratiques suscitent l’indignation au sein des milieux associatifs et politiques. En 2025, une initiative citoyenne européenne a rassemblé plus de 1,2 million de signatures, implorant la Commission européenne d’agir fermement contre ces atteintes graves aux droits humains.
Hadja Lahbib, commissaire chargée de l’Égalité, a qualifié ces pratiques de « honteuses et inacceptables », rappelant qu’elles n’avaient « absolument aucune place dans notre Union ». Pourtant, malgré ce constat clair, la Commission a préféré s’abstenir de proposer une interdiction directe, redirigeant la responsabilité vers les États membres.
Une réponse prudente aux limites des compétences européennes
À l’aube de 2027, la Commission européenne planifie de soumettre une recommandation non contraignante aux Vingt-Sept pour encourager l’interdiction des thérapies de conversion. Cette démarche reflète une volonté de soutenir les droits des minorités, tout en respectant les cadres juridiques européens qui empêchent l’UE d’imposer une législation unifiée sur cette question.
Pour le moment, seulement huit pays membres ont adopté des lois nationales complètes contre ces pratiques, notamment la France, l’Allemagne et l’Espagne. Dans les autres États, la Commission incite donc à renforcer les politiques nationales pour combattre la discrimination et garantir l’égalité pour les personnes LGBTQI+.
Les réactions vives face à l’abandon du projet d’interdiction
La décision de la Commission européenne a réveillé l’indignation parmi les défenseurs des droits LGBTQI+. Le collectif « Against Conversion Therapy », initiateur de l’initiative citoyenne, a vivement critiqué ce qui est apparu comme un immobilisme coupable, minimisant la portée d’un soutien qui reste symbolique, mais insuffisant face à l’urgence.
L’eurodéputée Emma Rafowicz a dénoncé, sur le réseau social X, un déni du vote historique du Parlement européen et de la mobilisation citoyenne. Pour ces acteurs, l’absence d’interdiction fermement appliquée constitue un recul sensible dans les politiques européennes de lutte contre la discrimination.
La complexité juridique derrière la politique européenne
L’initiative citoyenne européenne (ICE), instrument démocratique puissant, a mis en lumière la volonté populaire à l’échelle du continent. Pourtant, comme le souligne l’expérience récente, la Commission européenne se trouve parfois contrainte par les répartitions de compétences entre elle et les États membres. Si l’ICE oblige la Commission à examiner un sujet dès lors qu’elle recueille plus d’un million de signatures dans au moins sept pays, elle ne la force pas une interdiction ou une législation obligatoire.
Cette situation soulève un débat plus large sur l’équilibre entre souveraineté nationale et harmonisation des droits humains au sein de l’Union européenne, particulièrement dans un domaine sensible et inégalement régulé comme celui des droits des minorités LGBTQI+.