À l’heure où l’Union européenne se trouve confrontée à des défis géopolitiques majeurs et à une transformation profonde de son identité, la question de son leadership devient cruciale. Nicolas Baverez explore dans sa chronique la possibilité d’un changement à la tête de la Commission européenne, envisageant Mario Draghi comme successeur potentiel d’Ursula von der Leyen, dont le second mandat est marqué par des critiques autour de la gouvernance et de la vision stratégique.
Les limites du modèle européen sous Ursula von der Leyen
Depuis son arrivée, Ursula von der Leyen a incarné une politique européenne axée sur la foi dans le droit et les échanges commerciaux pour préserver la paix. Cependant, ce modèle, fondé sur une souveraineté partagée où Bruxelles gère le soft power tandis que les États conservent le hard power, parait aujourd’hui dépassé face à un monde dominé par des dirigeants plus affirmés. La guerre en Ukraine a révélé les failles de cette approche, mettant à l’épreuve non seulement la sécurité collective mais aussi la cohésion politique et économique de l’Union européenne.
Les hésitations sur le budget, l’avenir démographique, et l’efficacité de la gouvernance européenne alimentent un doute croissant. Cette situation pousse à reconsidérer le leadership au sommet de l’UE, questionnant la capacité d’Ursula von der Leyen à guider l’Europe dans cette phase critique.

Mario Draghi : un leadership éprouvé face aux crises européennes
Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne, est reconnu pour avoir sauvé l’euro lors de la crise de 2012, puis redressé l’Italie grâce à une politique de réformes audacieuses. Sa légitimité repose sur une expérience solide en politique économique et financière, mais aussi sur sa stature internationale, capable de porter la voix de l’Europe face aux grandes puissances mondiales. À l’aube de 2026, beaucoup considèrent que son engagement serait essentiel pour restaurer la compétitivité et la souveraineté de l’Union européenne.
Baverez souligne que Draghi apporte une vision pragmatique et modernisatrice, contrastant avec les démarches souvent jugées trop technocratiques ou déconnectées sous la Commission actuelle. Il incarne l’espoir d’une gouvernance européenne forte, capable d’affronter les empires économiques et les tensions géopolitiques grandissantes.
La succession d’Ursula von der Leyen : un tournant pour la politique européenne
La question de la succession s’impose comme un enjeu majeur de la politique européenne en 2025. Qui pourrait relever les défis actuels si ce n’est un leader doté d’un parcours aussi impressionnant que celui de Mario Draghi ? Sa possible nomination à la tête non seulement de la Commission européenne mais aussi du Conseil européen offrirait une cohérence nouvelle dans la direction des institutions.
Le débat autour de cette perspective reflète une interrogation plus large sur la nature de l’Europe à venir : une Europe-puissance, unie dans sa volonté de défendre ses intérêts économiques et stratégiques, tout en consolidant son identité commune. Cette ambition serait justement contrastée avec la période von der Leyen, jugée par certains comme marquée par un manque de vision claire et une gouvernance hésitante.
Entre espoir et défi : le réveil européen
Les récents événements montrent une Europe qui peine à trouver son souffle face aux chocs multiples. Cependant, le « réveil » évoqué par Donald Trump, loin d’être une menace, pourrait être une opportunité de sortir du déni et de la passivité. Cet éveil implique un dépassement de l’immobilisme politique, appelant à un leadership audacieux et pragmatique.
Selon Nicolas Baverez, Mario Draghi est l’homme de cette renaissance. Son expérience et sa stature sont perçues comme les ingrédients essentiels pour insuffler un dynamisme nécessaire à la refondation de l’UE. Ce défi ne manquera pas d’occuper une place centrale dans les débats politiques, à la fois en Europe et dans les pays membres, où s’interrogent aussi sur d’autres questions nationales majeures, telles que celles évoquées lors de la bilan des mandatures nationales ou les forces en présence au sein de la politique française contemporaine.
Une nouvelle gouvernance pour redynamiser l’Union européenne
La nomination de Mario Draghi ne serait pas qu’un simple changement de visage. Elle symboliserait une nouvelle étape dans la gouvernance européenne, avec des priorités clairement réorientées vers la souveraineté stratégique, la sécurité renforcée, et un développement économique plus résilient. Cette dynamique serait d’autant plus nécessaire que la demande citoyenne d’une Europe plus concrète et protectrice se fait entendre avec force.
Dans ce contexte, la fin du mandat d’Ursula von der Leyen serait plus qu’un passage de relais : ce serait un signal fort pour une Union européenne prête à relever les défis de son temps. Cette transition soulève naturellement la question des ambitions européennes dans un monde où les rapports de force sont en pleine recomposition, notamment avec la montée des tensions en Asie et les incertitudes liées à la politique américaine.
Pour apprécier pleinement ces enjeux, il est instructif de se pencher sur les trajectoires politiques passées qui inspirent la gouvernance actuelle, à l’instar du parcours de figures emblématiques évoquées dans le cadre du rôle des leaders européens, ou encore dans les réflexions sur la construction historique des institutions comme sous la République.